Publié le 2026-04-11 · 9 min de lecture

Responsabilité en Cas d'Erreur de l'IA : Ce Que Dit la Loi

L'IA se trompe. Et alors ?

L'intelligence artificielle n'est pas infaillible. Les modèles d'IA peuvent halluciner des chiffres, mal classifier des écritures, ou appliquer un mauvais régime fiscal. La question cruciale pour tout expert-comptable n'est pas « si » l'IA va se tromper, mais « qui paie quand ça arrive » ?

Cet article analyse le cadre juridique français et européen de la responsabilité professionnelle face aux erreurs de l'IA, et vous donne les clés pour vous protéger.

Le principe fondamental : vous restez responsable

Premier point à retenir : l'utilisation d'un outil IA ne vous exonère jamais de votre responsabilité professionnelle. L'Ordre des experts-comptables est clair sur ce point : l'expert-comptable reste le garant de la qualité de ses travaux, quel que soit l'outil utilisé.

Concrètement, si votre logiciel d'IA classe mal une écriture et que cela entraîne une erreur dans le bilan du client, c'est votre responsabilité professionnelle qui est engagée — pas celle de l'éditeur du logiciel.

Les 3 niveaux de responsabilité

1. Responsabilité contractuelle (envers le client)

Votre lettre de mission vous engage à fournir un travail de qualité. Si l'IA produit une erreur que vous auriez dû détecter lors de votre contrôle, le client peut engager votre responsabilité contractuelle. L'argument « c'est l'IA qui s'est trompée » ne tient pas : vous avez l'obligation de vérifier.

2. Responsabilité disciplinaire (envers l'Ordre)

L'Ordre des experts-comptables peut sanctionner un professionnel qui ne respecte pas les normes de diligence. Utiliser l'IA sans contrôle suffisant pourrait être considéré comme un manquement à vos obligations déontologiques.

3. Responsabilité civile délictuelle (envers les tiers)

Si l'erreur de l'IA cause un préjudice à un tiers (un investisseur qui se fie à des comptes erronés, par exemple), votre responsabilité civile peut être engagée, même en l'absence de contrat avec ce tiers.

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Ce que change l'IA Act

L'IA Act ajoute une couche supplémentaire. En tant qu'utilisateur de systèmes IA, vous avez désormais des obligations spécifiques :

Comment vous protéger : 7 bonnes pratiques

  1. Toujours vérifier les résultats de l'IA — Jamais de validation automatique sans contrôle humain.
  2. Documenter vos contrôles — Gardez une trace écrite de vos vérifications sur les travaux assistés par IA.
  3. Mettre à jour votre lettre de mission — Mentionnez l'utilisation d'outils IA et les limites associées.
  4. Former vos collaborateurs — Ils doivent savoir quand et comment vérifier les résultats de l'IA.
  5. Vérifier votre assurance RC Pro — Contactez votre assureur pour confirmer que les erreurs liées à l'IA sont couvertes.
  6. Choisir des outils conformes — Privilégiez les éditeurs qui fournissent des garanties de conformité IA Act.
  7. Tenir votre registre IA à jour — Documentez chaque outil, son usage, et les incidents éventuels.

L'assurance RC Pro face à l'IA

Point critique : vérifiez auprès de votre assureur que votre contrat de responsabilité civile professionnelle couvre explicitement les erreurs liées à l'utilisation de l'IA. Certains contrats anciens ne mentionnent pas l'IA, ce qui pourrait créer un vide de couverture.

Questions à poser à votre assureur : Les erreurs générées par un outil IA sont-elles couvertes ? Y a-t-il une franchise spécifique ? Dois-je déclarer les outils IA que j'utilise ? Ma couverture change-t-elle si j'utilise ChatGPT pour des travaux client ?

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